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Interview du Directeur de la Consolidation et du Reporting d’un groupe de luxe

Comment évaluez-vous la qualité de vos données de consolidation & reporting ?

« Le niveau de qualité de nos données est très bon. Notre recette tient sur plusieurs éléments.

Tout d’abord un système de reporting unifié qui permet de répondre aux besoins externes (communication aux investisseurs et actionnaires) et internes (indicateurs et tableaux de bord destiné au management).

Ensuite, le fait d’avoir des reportings internes fréquents (mensuels) permet de corriger et ajuster les erreurs d’un reporting à l’autre. Cela fiabilise de fait les données destinées à être communiquées annuellement à l’extérieur de l’entreprise (ce sont les mêmes données).

Enfin, les 2 à 3 sessions annuelles de prévisions budgétaires permettent d’anticiper les erreurs et de prévenir les éléments exceptionnels au maximum. Les prévisions obligent à penser en amont à tout ce qui peut se passer. Ce sont elles qui permettent véritablement de piloter la qualité des données.

Certains éléments du reporting échappent bien sûr à cette règle (instruments financiers, impôts par exemple). Dans ce cas ce sont souvent les profils experts en central qui interviennent.

Il faut également ajouter que nos seuils en central font qu’un certain nombre de problèmes de qualité de données ne sont pas pris en compte ou sont déjà traités au niveau de nos paliers de reporting intermédiaires (niveau Business Units). »

L’enjeu se situerait donc plutôt au niveau de vos Business Units qui doivent traiter les données à un niveau plus fin ?

« Oui, tout à fait. La complexité provient du fait qu’elles font face à des populations hétérogènes au niveau de leurs filiales et que nous sommes un groupe mondial !

C’est à ce niveau que nous allons par exemple constater des oublis ou erreurs de saisie. Par exemple avec des impacts sur les transactions interco, car telle ou telle filiale n’a pas déclaré les ventes ou réception de marchandises.

Ce sont souvent des populations avec un profil très opérationnel, non aguerri aux spécificités et technicités des processus de reporting. Elles sont la clé du dispositif. Elles nécessitent donc un soutien particulier. »

« Ce sont souvent des populations avec un profil très opérationnel (…) qui sont la clé de nos dispositifs. Elles nécessitent donc un soutien particulier »

Les équipes du siège ont donc un rôle d’assistance aux Business Units et aux filiales ? Quels dispositifs privilégiez-vous ?

« Oui, notre rôle au siège est de faire l’assistance de nos Business Units.

D’abord en les formant. Nous organisons 3 sessions annuelles soit à notre siège, à Paris, soit dans une zone géographique. Nous préférons les formations en présentiel car elles favorisent le contact humain et le réseau au sein de notre population financière. Nous nous rendons compte cependant que cela nécessite une bonne organisation, notamment pour trouver des plages disponibles pour tous dans le calendrier très chargé des financiers :

D’autre part nos équipes en central fonctionnent comme une hotline lors des périodes de consolidation ou reporting. Cela fait partie de notre métier de consolideur.

Enfin nous communiquons régulièrement et volontiers en nous déplaçant sur les changements et évolutions. Encore une fois pour anticiper les risques le plus tôt possible. »

Quels sont, selon vous, les enjeux à venir sur la qualité des données ?

« Les législateurs exigent de plus en plus de reporting sur des données non financières (sociétal, environnemental par exemple). A mon sens, l’expertise, les systèmes et processus développées par les fonctions consolidation / reporting pourront également être utilisées pour remonter ces données non financières. On se dirige donc vers des centres de services Reporting, capables de traiter n’importe quel type de données.

La conséquence est qu’il y aura de plus en plus de données de nature différente à traiter et à remonter. Au tout début de la chaîne, ceux qui remontent et saisissent les données vont donc demander plus d’assistance et d’explications sur les données car ils ne pourront pas en maîtriser intuitivement toutes les significations. »