Louis Angeletti, Responsable d’Accenture Learning Services, accompagne ses clients dans la définition, la réalisation et le déploiement de stratégies de formation, à travers l’implémentation de modalités innovantes et digitales.

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Quelles évolutions et tendances avez-vous pu observer ces derniers temps ?

La première évolution, plutôt technologique, porte sur l’expérimentation par les entreprises de nouvelles modalités pédagogiques (serious games, simulations applicatives, mobile learning, etc.), dans le cadre de dispositifs souvent considérés comme pilotes, mais sans véritable démarches généralisées.

En effet, les entreprises se sont principalement focalisées sur la mise en place de plateformes LMS (Learning Management System), des épines dorsales sur lesquelles peuvent se greffer tout type de modalités pédagogiques.

La seconde tendance, plutôt organisationnelle, concerne les mutations de la fonction formation. D’une part, au travers de la gestion déléguée d’une partie de leurs activités, et d’autre part, par la rationalisation des offres internes de formation et les budgets associés.

La formation informelle est-elle une tendance qui se généralise ?

Les entreprises françaises qui ont pu prendre du retard sur la démocratisation du blended learning, souhaitent aujourd’hui passer directement à l’étape suivante : la mise en place de dispositifs de formation complètement digitalisés, alternant le formel et l’informel.

Elles doivent parvenir à structurer, exploiter et capitaliser le savoir de leurs sachants via une formation informelle mais organisée.

Par exemple, nous travaillons avec une compagnie pétrolière qui souhaitait totalement abandonner le présentiel, principalement dans un objectif d’optimisation de ses dispositifs de formation.

Nous leur avons proposé de réaliser des parcours de formation variés : écoute de podcast, lecture d’un article, discussion avec un collègue, échanges avec un mentor, visite d’un site, mobile learning, serious game…

L’avantage de ces parcours de formation, au-delà des aspects budgétaires, est que l’apprentissage est continu, qu’il suit le collaborateur tout au long de sa carrière, tout en organisant l’échange et le partage de savoirs. Nous ne sommes plus dans une communication unilatérale avec des logiques de territoires de rétention, mais bien dans une culture de partage de l’information.

En matière de formation aux logiciels, avez-vous noté des changements ?

Nos clients ont passé les étapes de déploiement de lourds ERP avec des volumes important de populations à former. Les projets de systèmes d’information actuels se concentrent sur le déploiement de montées de versions ou à la mise en place d’interfaces utilisateur plus ergonomiques.

De fait, animer des formations en présentiel pour des milliers de personnes n’est plus nécessaire. Ces utilisateurs étant déjà matures sur leur logiciel, il devient possible de totalement les autonomiser dans leur montée en compétence. Les entreprises réfléchissent désormais à des dispositifs d’ePSS (electronic Performance Support System), que l’on pourrait qualifier de formation en temps réel, qui apportent une aide en ligne contextualisée et dynamique (instructions, procédures, etc.), voire même des informations prédictives.

Comment doit-on aborder la formation informelle ?

Une réflexion autour de chaque savoir à transmettre doit être menée, permettant l’identification des sujets et vecteurs les mieux adaptés pour chaque type de population. Ensuite vient la définition des parcours de formation combinant ces savoirs et ces vecteurs – dont l’informel.

Une fois cette réflexion aboutie, il faut rendre la formation informelle attractive et engageante, être certain que les collaborateurs vont y adhérer et y trouver un intérêt plutôt qu’une contrainte : des briques d’apprentissages ergonomiques, légères et courtes. On peut même mettre en place de l’incitatif à l’utilisation de ces dispositif, comme par exemple des modalités de challenge ou de récompenses.

Par exemple, tous les collaborateurs Accenture sont invités à partager des informations sur le réseau social interne. Nous avons acquis le réflexe d’y chercher de l’information. Nous sommes également incités à contribuer et à alimenter ce dispositif de formation informelle au travers de points et médailles. Une campagne de communication globale a été menée, permettant aux 320 000 collaborateurs d’être actifs et d’en faire le principal mode de partage de connaissances.

Merci à Louis Angeletti pour son témoignage.